Ski Handicap

J’étais une orpheline du ski !

Par : Leslie Ostrander

Affirmer que j’étais excité serait un euphémisme ! Cela fait seize ans que je n’ai pas senti le bi-ski glisser sur la neige. Oui, seize ans ! La vie a trouvé le moyen de retarder mon rêve de skier à nouveau avec mon mari. Cependant, je n’ai jamais abandonné ce rêve et j’ai secrètement souhaité avoir l’occasion d’expérimenter à nouveau la liberté du ski sur neige.

Mon rêve de retrouver les pistes n’était pas seulement dicté par la somptueuse poudreuse profonde, mais aussi par l’incroyable culture et l’hospitalité dont j’avais fait l’expérience il y a des années. La culture qui accompagne les pistes est un mode de vie insouciant avec un mantra du type ” Jouez à fond . Reposez-vous plus tard”. C’est une culture et une expérience qui, d’une certaine manière, stimule ma charte d’aventure. Après des années de réflexion sur les Alpes j’ai enfin pu la concrétiser cette année.

Lorsque j’essaie d’expliquer mon expérience, j’ai du mal à la mettre en mots. C’est une expérience qui fait appel à tous les sens. La sur-stimulation est presque indescriptible.

C’est une bouffée d’air frais. Au sens propre, lorsque j’ai roulé à l’extérieur à 1897 mètres d’altitude et que j’ai respiré profondément, mon âme s’est sentie plus éveillée qu’elle ne l’avait été depuis des mois ! Mon esprit est devenu instantanément limpide. Mon instructeur, Thierry, m’a expliqué que nous allions travailler ensemble comme une équipe. Nous commencerions à “danser” lentement. Il serait toujours le “chef de file de la danse”. Le ski ressemblait beaucoup à la danse. Tourner, tourner, sauter… toutes choses difficiles à vivre en fauteuil roulant. Je skiais sur de la neige naturelle. C’était luxueux. De la poudreuse douce et soyeuse qui était silencieuse (quelques craquements de glace ici et là). Mon moniteur et moi avons dansé et nous nous sommes déhanchés – on aurait dit – au-dessus des nuages. J’ai ressenti de la liberté, de l’adrénaline, de la vitesse et en même temps, c’était hypnotique et apaisant.

Physiquement, mon corps était mis au défi et poussé à ses limites. Après sept heures de ski (avec une pause de trente minutes pour refaire le plein d’énergie), je sentais que le sommeil serait inévitable ! Mais pour l’instant, mon objectif était de laisser toutes mes capacités physiques sur la montagne.

Ce jour-là, nous avons vu le soleil se coucher sur la chaîne de montagne adjacente. C’était le plus beau coucher de soleil que j’ai jamais connu. Une chose que j’ai réalisée sur les pistes, c’est à quel point les blessures (dans mon cas, une lésion de la moelle épinière) me font revoir mes priorités. Cela fait 36 ans que je vis la vie assise. Mais le ski et la liberté que j’ai connue m’ont fait me demander ce que j’avais manqué simplement à cause de la peur ? Pourquoi avais-je attendu seize ans pour revivre les pentes ? La réponse n’est pas venue rapidement. Mais j’ai fait la promesse ce jour-là que je vivrais à partir de ce moment sans regrets !

Quelque part, je m’étais trouvé dans un endroit où, entre responsabilités personnelles et professionnelles, je n’avais que très peu de temps pour jouer. La montagne m’avait rappelé que le jeu était tout aussi essentiel pour moi que pour mes enfants. Le ski m’a apporté de la joie. Et le ” summum ” émotionnel de cette expérience est resté avec moi pendant deux jours !

La vallée alpine m’a permis de tirer de nombreuses leçons. Mais celle que j’espère emporter avec moi est de prendre le temps de m’amuser, et de m’amuser à fond ! Il y a toujours du Tylenol et du chocolat chaud pour apaiser le corps et l’esprit à la fin de la journée.

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